mardi 4 mai 2010

Tunis une ville pleine de pièges

L’histoire se passait à Tunis, dans une vieille rue pleine de souks et de petits magasins d’épices. Il y en avait un qui me plaisait, avec plein de tapis et d’objets divers. Parmi ceux-ci, une lampe en or, sur une étagère en bois, attira mon attention. Elle semblait magique. Elle me plaisait, elle était très belle, mais le vendeur était sceptique et hésitait à me la vendre. Il m’avait dit qu’il l'avait trouvée, sous le sable, dans le Sahara, par hasard. Il la trouvait louche, elle était bizarre, mais je l’achetai tout de même, très cher, pour compléter ma collection. Je n’avais jamais vu une aussi belle pièce. Je la mis sur une étagère où se trouvait déjà une centaines de lampes. Je n’avais jamais possédé une telle pièce. Je fis des recherches sur son origine. J'appris qu'elle était restée enfouie sous le sable depuis 300 ans. Elle attendait qu’on l’a trouve.
Le vendeur m’avait dit qu'elle me réserverait bien des surprises. En voulant laver la lampe, je vis en dessous du couvercle un morceau de papier. Je le déroulai et découvris des inscriptions. Je lus ceci:
« -Si tu voles un tapis, tu gagneras 1000 dinars. »
Je n'y crus pas. Je déchirai donc le papier. Mais un autre message, exactement identique au premier, apparut comme par enchantement. Je commençais vraiment à avoir peur. Mais ma curiosité l'emporta sur mes craintes, et je décidai de suivre ce que les inscriptions m'indiquaient de faire.
Je repartis donc au souk pour accomplir ma première filouterie. Devant le stock d’un vendeur de tapis, qui étaient tous suspendus, je me glissai discrètement derrière l'un d'eux. Je le détachai, l’enroulai et le pris. Mais au moment où j’allais partir, le vendeur revint pour récupérer une pièce en cachemire. Je me cachai alors dans un tas de tapis. Mes jambes s’entrechoquaient, l’angoisse me montait dans la gorge. J’avais la chair de poule, car l'homme portait à son côté, un sabre particulièrement bien affuté. Il s’approcha de l'endroit où je me trouvais, et prit un tapis suspendu au dessus de moi. A ce moment là, j’eus la frayeur de ma vie! L’homme repartit et je pus donc m'enfuir discrètement, mon premier larcin sous le bras. Je me rappellerai toujours de la peur bleue que j’ai éprouvée, par la suite... Une fois arrivé à l’hôtel, je plaçai le tapis près de la lampe, tout à coup il disparut! A la place : une liasse de 1000 dinars, comme prévu. Je regardai sous le couvercle de la lampe: il y avait un autre papier sur lequel était inscrit
«- Voles 15kilos d’épices au marché de Tunis et tu recevras 5000 dinars.»
C’était la deuxième exaction que j’allais réaliser. C’était une opération difficile. Il faudrait distraire le vendeur, pour lui dérober ses 15 kg d’épices au beau milieu de la foule. J'attendis que celui-ci parte dans sa remise : c’était le bon moment. Je pris mon sac et le remplis d’épices. L'homme ne m’ayant pas vu, je repartis à mon hôtel, et livrai le tout à la lampe, afin de recevoir ma récompense de 5000 dinars.
Je regardai sur le couvercle de la lampe et aperçut, une fois encore, un autre bout de papier, il y était écrit: « Voles un chameau en échange de 10000 dinars »
J’allais réaliser mon troisième méfait, qui consistait à voler un chameau au dresseur du coin. C’était dangereux, car le vendeur était armé. J’entrai dans l'enclos par derrière, pour ne pas me faire voir. Je bondis sur l'un des chameaux et partis sur son dos, dans les rues de Tunis, pris en chasse par deux cavaliers, portant des sabres à lame tranchante. Je me cachai derrière l'étal d'un marchand, sur lequel s'amoncelait tout un bric à brac. Mes poursuivants passèrent juste à côté de moi. Mon sang se glaça, mon cœur s'arrêta de battre. Par chance, ils ne me découvrirent pas. Je regagnai donc ma chambre d’hôtel. J’eus beaucoup de mal à y entrer le chameau. Mais comme les autres objets, il disparut lui aussi et, à sa place, je trouvai ma récompense.
Je commis ainsi une bonne dizaine de vols, tous plus importants les uns que les autres. Seulement, je pris conscience des préjudices que je faisais subir aux petits commerçants. Je décidai, à contre cœur, de balancer la lampe à la poubelle, mais elle revint aussitôt à sa place, comme par magie. Je décidai alors de quitter le pays. Malheureusement, une fois le frontière passée, je revenais instantanément à l’hôtel! Un soir, le fakir de la lampe en sortit pour me dire que je ne pouvais plus partir, qu’il avait besoin de mes vols pour vivre de l'autre côté, dans son monde. Et que si j'essayais de me débarrasser de lui ou de quitter le pays une fois de plus, il ferait en sorte de me déposséder de tous mes biens. Je décidai, malgré ses menaces, de partir, plutôt que de vivre en sachant que je faisais du mal à d'autres personnes. Depuis, de retour dans ma Bretagne natale, je suis suivi à Saint Avé, un établissement public de santé mentale, car j’ai essayé, à plusieurs reprises, de me suicider.

Par Xavier et Gurwann (Classe 4B)

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