mardi 4 mai 2010

Un monde sombre

Un jour, pour décorer ma nouvelle maison, je décidai d’aller dans une brocante. Celle-ci était sombre, voire lugubre mais, contrairement à ces premiers aspects repoussants, elle sentait terriblement bon : une odeur enivrante flottait dans l’air et chatouillait agréablement mes narines. Cette brocante possédait je ne sais quoi de magique. Je visitai avec attention et soin la boutique, pour ne pas déranger ce bric-à-brac de vieilles affaires. J’arrivai bientôt au fond du magasin, je ne distinguai d’abord aucun mur. Je fis un demi-tour sur moi même et me retrouvai face à un grand miroir. Il était magnifique. Je demandai des renseignements au vendeur sur cet objet orné d’un cadre de couleur or. Il me dit que ce miroir était bien ordinaire, voire quelconque. J’en conclus qu’il irait très bien avec le thème de la décoration de ma nouvelle maison. Le vendeur l’emballa, le porta dans ma voiture et je rentrai chez moi. Je l’installai aussitôt sur le mur de ma salle de bain.

Cette nuit là, il me fut impossible de trouver le sommeil. Je gardais l’œil ouvert… mon esprit divaguait. J’entendis des voix, qui semblaient provenir de la salle de bain. Puis, très tard dans la nuit, vers 4 heures du matin, le sommeil s’empara enfin de moi. Le lendemain matin, je me préparai comme d’habitude, puis allai me maquiller face à mon nouveau miroir. Quand tout à coup, j’entendis une nouvelle fois des voix. Ressentant la fatigue causée par une courte nuit, je décidai de prendre un médicament pour calmer ce que je prenais pour des hallucinations auditives. Mais une fois de plus, les voix retentirent, j’étais persuadé qu’elles provenaient du miroir, je me penchais au dessus de celui-ci. Les bruits me parurent de plus en plus forts. Il ne me restait plus beaucoup de temps avant d’aller travailler. Je trébuchai sur le tapis, puis roulai sur un rouge à lèvres et tombai sur le miroir.

Je me réveillai dans mon lit, il faisait nuit. Je regardai mon réveil, qui affichait 14H! Je me levai, un peu étourdie et fis quelques pas vers la fenêtre. Le rideau s’ouvrit tout seul, terrorisé, je courus me réfugier dans mon lit. Ma tentation était plus forte que ma peur, alors je pris mon manteau, descendis les escaliers et sortis. Il n’y avait aucune source de lumière, seulement la lune plus ronde et plus blanche que jamais.

Premièrement, je pensai à une coupure de courant, ce qui expliquait ma panne de réveil, ou bien, peut-être avais-je rêvé, à cause des médicaments que j’avais pris la veille. Le vent frais, caressa ma peau ce qui me fit frissonner. J’avais froid, mais ce mystère m’intriguait, je voulais en avoir le cœur net, alors je restai quelques instant dans le froid glacial. Rien ne bougeait, les lumières restèrent éteintes, mais la lune disparut derrière les nuages, il n’y avait donc plus aucune lumière. Je me retrouvai seule face à cette nuit étrangement noire.

Me tirant de mes réflexions, une ombre me frôla, mes poils se hérissèrent... Curieusement, cela me fut agréable! Soudain les lumières des lampadaires clignotèrent chacune leur tour. Je distinguai plusieurs dizaines de silhouettes transparentes, qui avaient la peau toute blanche et tournaient autour de moi, en marmonnant des paroles que je n’arrivais pas à comprendre.

Mes mains étaient moites, mon front trempé de sueur, mes jambes tremblaient, c’est à peine si je tenais encore debout. J’observai ce spectacle avec des yeux exorbités. Les hommes que je distinguais à peine continuaient à parler, de plus en plus fort. Des larmes de peur et d’angoisse me montèrent aux yeux, mais ne coulèrent pas, ce qui m’empêcha de voir cette étrange scène. Je voulais crier au secours, mais aucun son ne sortait.

Tout à coup, un homme d’une beauté surnaturelle s’avança vers moi, en me fixant. Je réalisai alors que toutes les personnes, qui m’entouraient avaient disparues... Soudain, des phares surgirent de nulle part, un véhicule se dirigeait vers moi à toute allure... Je vis toute ma vie défiler : je savais, au fond de moi, que cette seconde était la dernière ! Quand quelque chose de doux me poussa sur la chaussée… Je reconnus l’étrange créature !

Tout cela s’était déroulé en quelques secondes à peine. Pourquoi cet homme avait-il risqué sa vie pour me sauver ? Je ne savais plus quoi penser. Plusieurs questions se bousculaient dans ma tête, mais je n’avais pas la force de réfléchir, je ne fit qu’admirer sa beauté. Je me croyais dans un rêve. Je sombrai dans un long et profond sommeil.

Une fois réveillée, je vis l’homme au pied du lit dans lequel je me trouvais. Je m’assis pour voir où j’étais, mais je ne reconnaissais pas cet endroit. Il vint s’asseoir à coté de moi et commença à m’expliquer : je me trouvais dans le monde des défunts et le diable voulait me transformer, afin que je reste ici. Chaque homme devait trouver sa femme pour qu’ils restent en ce monde, alors ils utilisaient le miroir pour trouver leur bien aimée. Enfin, tout s’éclaircit dans ma tête et je lui demandai ce que je devais faire. Il me répondit que je ne pouvais que l’épouser, ou nous mourrions tous les deux.

Le lendemain, le diable en personne me jeta un sort pour qu’à mon tour je devienne l’une des leur. Cette transformation me permit d’épouser celui qui m’avait choisie. Il m’expliqua que maintenant, j’étais immortelle et que plus rien ne pouvais me tuer.

Par Marie et Julie (Classe 4B)

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